François Brunery (1849-1926), peintre. Étude pour un tableau.
France, vers 1900. Tirage argentique. 18 x 11,5 cm
Vincenzo Galdi (1871-1961). Jeune homme dans la position du Faune Barberini
Italie, vers 1900. Tirage sur papier albuminé. 22,6 x 16,8 cm
Mary Willumsen (1884-1961)
Danemark, 1916-1920. Tirage argentique. 13,9 x 8,9 cm
Studio F. Bianchi (Paris). France, 1917. Tirage argentique. 17,4 x 23,5 cm
Photographe anonyme. France, vers 1870. Tirage sur papier albuminé. 20 x 24,6 cm
Alain Le Saux (1936-2015). France, 1976. Tirage argentique. 22,5 x 29,2 cm
Photographe anonyme. Vers 1870. Tirage sur papier albuminé. 16,3 x 21,2 cm
Jacques de Lalaing (1858-1917). Étude pour peintre.
Belgique, vers 1900. Tirage argentique. 10,5 x 8,2 cm
Photographe anonyme. France, vers 1925. Tirage au charbon. 17,3 x 23,1 cm

Exposition du 16 octobre
au 7 décembre 2019

Fermeture exceptionnelle du 6 au 10 novembre

 

Sélection et coordination
de Michel Frizot

 

On évoque souvent « le nu » photographique comme s’il s’agissait de perpétuer un « genre » de la peinture. Mais ce qui se joue spécifiquement en photographie, c’est la présence effective, devant un appareil, d’un corps nu. Plus que homme ou femme, « nu » ou « nue », c’est la nudité assumée individuellement qui s’exhibe, le fait de se retrouver nu et de se livrer comme tel à la prise de vue.

 

Ce qui dérange en revanche, c’est que cette nudité photographique soit d’emblée destinée à d’autres regards. Rien de naturel en effet dans cette succession d’actions : pose, mise en scène, arrangements et concertations, prise de vue réfléchie, diffusion ou appropriation de l’image, curiosité appliquée des regards ultérieurs.

 

De quelles motivations relèvent donc les modalités photographiques de la nudité, de quelle nécessité éventuelle, de quelle envie, de quel instinct, ou de quelle bravade des interdits ?

 

C’est ce que veut interroger cette sélection dans le fonds de la galerie Lumière des roses. Ni histoire, ni sociologie, ni esthétique : des états possibles de la nudité corporelle. Des soi-disant ou vrais modèles pour les beaux-arts, des démonstrations scientifiques, des provocations intimes, des frivolités légères.

 

Trois logiques s’y déploient et s’y téléscopent, intriquées et indémêlables : celle du modèle, docile ou revêche, celle du photographe, hardi ou désinvolte et celle du regardeur à-venir, voyeur primaire que nous sommes tous, ici et maintenant. Aucune innocence là-dedans, qui puisse s’effacer dans l’alibi artistique depuis longtemps dépassé.

 

Texte de Michel Frizot